
Au fond, il y avait cet homme seul.
Parfaitement seul, comme si personne n'avait voulu de lui, et qu'il était resté si longtemps dans sa bulle, grise et terne comme sa peau de volcan assoupi, qu'il n'avait guère sentit
l'évolution du temps. Aussi ne sus-je pas pourquoi, mais je m'assis à coté de lui. Pour tout dire, il n'y avait pas de place, le petit espace confiné était plein. Seul un tabouret isolé
restait.
Et ce tabouret m'attendait, comme si cette place m'était destinée. Mais peut-être l'était elle finalement, et ce peut-être m'attira, me poussa à
m'asseoir. Je me dis qu'ainsi on ne saurait mieux forcer le destin, que celui-ci peut se sceller grâce à quelques mots avec un inconnu.
Encore que rien ne s'échangeait, les volutes rendaient l'atmosphère lugubre. Et quand on a comme moi une vingtaine d'années, ça flanque un cafard à couper le souffle. Je me retournai vers
l'homme, lui fit face, presque à le toucher, si bien qu'une sensation étrange. nous envahit chacun, comme si un flux passait entre nous, entre lui et moi, alors que tant d'années semblaient
nous séparer.
Merci Rémy de ton soutien et de tes mots
on sent un blues terrible pointer entre les lignes
chez le héros du livre
sais tu que j'ai connu un monsieur qui s'est sauvé le jour de la naissance de sa fille et n'est jamais revenu? Comment le vit-il aujourd'hui...