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Ce soir là, il y avait un match de football, au demeurant comme à peu près une fois par semaine à la télévision, ce qui, concevais-je, était devenu une habitude, car sachons le je ne regarde habituellement que les matchs de football, et non les autres sports, car je n'aime aucun autre sport. Les autres sports ne m'apportent aucune émotion, ni même d'un coté technique une complète satisfaction, car je ne me complais que dans le sport que je connais le mieux, en l'occurrence le football, un sport que j'ai également pratiqué, comme beaucoup d'enfants, dans ma jeunesse.

 Je voulais donc regarder ce match de football sur la Une, la première chaîne, comprenons, sur une dizaine du réseau hertzien qui proposent des matchs de football, sauf ce soir là exceptionnellement, car il s'agissait de la finale des clubs champions, et que ce soir là était une exception à la télévision, la première chaîne ayant eu l'exclusivité de cette finale. En outre, je ne pouvais manquer cette affiche, et ce soir là, tout avait été prévu d'avance de sorte que je n'eus pas à sortir, ni même me déplacer dans la maison, et que tout avait été réuni un peu avant le début du match. Ma bière était posée sur le guéridon, toute juste sortie du congélateur pour qu'elle fût la plus fraîche possible, j'avais jeté une poignée de cacahuètes dans un bol et l'inconvénient majeur qui eut pu perturber cette soirée, ma femme, était partie en soirée avec sa meilleure amie. Je respirais, pour ainsi dire, et je n'avais pu espérer que cette sortie, auquel cas je l'eusse eu à mes cotés toute la soirée, et qu'elle m'aurait collé, car elle aime se coller à moi, juste comme ça, pour être avec moi, que nous soyons proches et tendres l'un envers l'autre, ce qui est en général rendu délicat lors d'un match de football.

Aussi, sans sa présence, la présence de ma femme, pouvais-je m'adonner sans retenue à ce sport, mon sport favori, et crier, taper du poing, supporter les vainqueurs sans être dérangé, ce qui, m'étais-je dit, était une chance, car il y a selon toute vraisemblance peu d'hommes qui ont cette chance là, d'être seul devant la télévision. Dès lors, j'étais impatient d'entendre le bruit des supporters, là-haut dans les tribunes et d'entrevoir la pelouse bien verte du stade, si bien qu'au moment opportun, c'est-à-dire quelques minutes avant, tout au plus, la fièvre montant, j'ordonnai à la télécommande une impulsion sur la première touche, rien qu'une fois, ce qui avait pour conséquence, d'ordinaire, d'allumer la télévision sur la chaîne choisie, la une en somme, mais qui cette fois là n'avait aucun effet, ou si peu que je me demandai si ma télévision fonctionnait, ou qu'elle eut pu émettre ne serait-ce qu'un son ou une image. Ma télévision resta muette. L'écran noir.


[à suivre]
Par Rémy - Communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
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Commentaires

Pas de chance !
Commentaire n°1 posté par dju770 le 08/07/2009 à 05h51
 
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