Sommaire

Derniers Commentaires

Autre boite

 

Mon nouvel espace réservé à mon autre passion pour les trains miniatures et les maquettes

Au fil des jours...



Parcours : Suivez les étapes de l'écriture jusqu'à l'édition d'un roman à compte d'auteur.

Creative Commons License
Les pages de Rémy by Rémy Charles sont mises à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.
Basé(e)s sur une oeuvre littéraire. Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues auprès de l'auteur par mail.

Se souvenir de moi

  • Flux RSS des articles

A table, hurla Maman à tue- tête. A table.

Elle ajouta, la cuillère haute, qu'il est une heure de l’après-midi. Déjà. Il est très tard. Le poulet et le café de Papa refroidissent. Papa est attendu. Mais il n’a pas de retard. Papa n’a jamais de retard. Papa est toujours à l’heure. Il arrive toujours à la minute près. Alors le voilà justement, Papa. Il  arrive avec sa grosse voiture, comme d’habitude. Il est fatigué. Il arrive accompagné de cette éternelle rengaine d’homme affamé.

Papa ne dit rien.

Il entra juste dans la maison. Il mit les pieds dans ses grosses pantoufles et appuya sur le premier bouton de la télécommande. Papa alluma la télévision pour diffuser les images du journal. Le même générique depuis des années. Le point de repère pour Maman. Elle aime le générique du journal.

Maman embrassa Papa. Elle effectua un bisou rapide entre deux tours de cuillères.

Lui, l’enfant, surgit en trombe. Il se planta devant Papa.

L’enfant tendit la joue droite comme tous les midis. Papa vint y déposer un baiser soyeux. Il exigea que l’enfant l’embrassât. Sinon les maux d’estomac l’envahiront. L’oppresseront aussi. Et Papa n’aime pas se sentir oppressé. Sa journée sera gâchée, et peu commune à tant d’autres. Papa aime que les journées soient communes et sans débordements notables, si ce n’est les quelques extravagances musicales du jardin.

Pendant que Papa et l’enfant s’assoient, Maman sert les pommes de terre. Elle sert dans l’ordre. Chaque plat est un protocole. Puis elle sert le poulet. Elle demande ce que chacun souhaite. Papa répond l’aile. L’enfant du blanc. Il n’aime que le blanc. A vrai dire, il ne supporte plus le poulet, ni les manières de Maman lorsqu’elle dit à Papa et lui, ses deux hommes, qu’il ne faut pas tout mélanger. Il ne faut pas mélanger pour la ligne. Maman est soucieuse de sa ligne. Et l’amalgame de nourriture ne doit pas être trop lourd.

Maman se plaça à son tour à table.

Elle regarda l’enfant manger passivement son blanc de poulet. Elle suivit des yeux les allers et retours entre l’assiette et la bouche de l’enfant. L’enfant mangeait d’ailleurs à vive allure, avec les mains. Il n’en pouvait plus, si bien qu’il contourna le règlement. Il se hâta juste de manger le poulet. Alors Maman le rappela à l’ordre sous les yeux de Papa. Elle regarda également Papa. Elle souhaita que Papa hausse le ton. Mais Papa avait les yeux rivés sur la météo du journal télévisé. Papa n’exprimait qu’une sérénité exacerbante. Maman réprima donc l’enfant. Elle le priva de dessert. Elle ne savait plus quoi faire de l’enfant.

Mais pourquoi, interrogea l’enfant. Parce que, répondit Maman. Parce que.

Il ne donc sut pas bien qu’il n’avait rien fait de mal.

Mais il n’eut rien à dire. Juste obéir, c’est tout. 

Elle lui somma de se lever, de sortir de table.

Elle lui rappela également de bien s’essuyer les mains pour ne pas salir ses vêtements neufs. L’enfant était vêtu une belle culotte en soie. Sa culotte brillait. Maman en était fière. Elle rappela que pour une fois le vêtement ne vient pas d’une bourse aux vêtements. Elle regarda inlassablement l’enfant d’un œil amoureux. Tout de même elle l’aime, cet enfant.

Elle essaye de tout faire pour son bonheur. Elle se plie en quatre.

Maman estime que le fruit de ses entrailles est un beau jeune homme bien bâti. Elle en est fière. Si fière. Elle commence d’ailleurs à lui sourire bêtement. Elle lui demanda ce qu’il eut mangé cette semaine à la cantine. L’alimentation de l’enfant constitue sa grande préoccupation. Elle ne voudrait pas qu’il arrive malheur à l’enfant.

 

Et l’enfant, justement, soupira. Ce repas l’avait passablement énervé.

Heureusement, il s’en sortit. Il était privé de dessert. Cela l’arrangeait. Il monta dans sa chambre. Il aime sa chambre. Sa chambre est son refuge. Il imagina Papa qui boit son café, en bas dans le salon. Il imagina son regard rivé à la télé. Il imagina Maman qui sourit béatement. Pour faire plaisir à Maman. Maman veut aussi le bonheur de Papa. Elle ne supporte pas l’injustice. Papa travaille dur. Alors Maman fait la vaisselle. Elle reste à la maison. Maman travaille à la maison. Mais elle ne regarde pas Papa. Elle ne le regarde plus. Lui non plus ne regarde plus Maman.

Mais c’est comme ça tous les midis.

         Papa repartit après s’être brossé les dents. L’enfant fut appelé par Maman.

Maman exigea que l’enfant l’aidât. A deux, l’union fait la force, dit-elle. Elle trouvait normal que l’enfant aide. Alors l’enfant aida maman à faire la vaisselle. La tâche lui sembla compliquée, même si la tâche, finalement, se répétait au fil des jours. La tâche s’effectue toujours de la même manière.

L’enfant lava d’abord les ustensiles avec du produit.

Puis il mit les ustensiles propres dans le lave-vaisselle.

C’est pour ne pas salir la machine, dit Maman.

Par Rémy - Communauté : Au fil des mots - Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
Retour à l'accueil
 
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés