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En ce moment, je lis un ouvrage de Jean Paul Dubois, des chroniques sur l’Amérique, ce pays d’ordinaire si fascinant et idyllique que dépaysant, car depuis la nuit des temps il eut été dit que les Etats-Unis sont un symbole de rêve et de liberté dans l’esprit de tout à chacun, amateur ou non de hamburger et de superproduction hollywoodienne.

Qu’à cela ne tienne, en parcourant les pages d’un quotidien régional, et pour rester dans le même thème, on apprend qu’en ce moment c’est la crise (Jusqu’ici rien de nouveau) et qu’un plan de relance optimiste pour les consommateurs a été lancé par une institution bancaire pour le moins insolite, puisqu’il s’agit de la banque du sperme.

En gros, le principe est simple. Le donneur laisse un peu de lui-même dans ce centre réservé aux clients souhaitant procréer en tout anonymat et de surcroît sans relation sexuelle. Formidable, non ? Sauf que cette banque fonctionne comme toute institution digne de ce nom, à savoir qu’elle doit vendre le précieux liquide collecté de ces messieurs, qui n’ont pas résisté au plaisir de cracher dans la soupe des frustrés du sexe, puisque c’est à peu près de cela dont il s’agit chez nos amis de l’oncle Sam, et plutôt que désespérer de ne pas avoir d’enfants on peut se rendre à la banque du sperme pour s’en offrir un, en quelques sortes comme un banal produit de consommation.

Et tenons nous bien. Puisque c’est la crise, on peut désormais bénéficier d’une réduction exemplaire sur un échantillon du précieux sésame. On solde donc en référence ce que le pape, en pleine polémique actuellement, considère comme la manne des peuples, car outre ne pas en abuser, rappelons que cette semence n’a d’autres fins qu’une issue créatrice de nouvelles générations, lesquelles oseront d’ailleurs, à n’en pas douter, demander de quelle banque elles proviennent, et si un SAV prévoit les retours de produits non-conformes. Cela peut à l’évidence paraître déplacé mais c’est pourtant une triste réalité. La logique de l’oncle Sam (Enfin si il en a une…) ne tarit pas d’idées pour parer cette crise économique sans précédent, qui apparaît avec le SIDA comme le pire fléau de l’humanité actuel, et révèle de surcroît le véritable mal-être de cette société au bord de l’implosion sociale.

Mais à chaque problème sa solution, donc, avec une issue comme d’habitude toute trouvée dans les sillons d’un capitalisme effréné que rien n’arrête, pas même un américain obèse. Aujourd’hui, rapporte le porte-parole de cette fameuse banque, chaque dollar compte. Et c’est tout ce qui compte.  

Par Rémy - Communauté : Chronique de nos lectures - Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
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