
« Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort ! » C’est en substance le message que
fait passer le Magasin des Suicides, une boutique installée en pleine périphérie urbaine dans un monde fictif, un monde, on comprendra par la suite, abandonné aux chinois et donc sans doute
visionnaire. Depuis des générations le magasin propose des solutions pour se donner la mort : armes, cordes, couteaux, poisons…Bref, tout y passe et le choix est vaste, et lorsque les
clients repartent du magasin, on prend bien soin de ne pas leur dire au revoir, mais plutôt adieu.
Certes, cela peut paraître déplacé, arrogant, ou encore irrespectueux, mais ce récit se veut davantage humoristique et à prendre à un degré moindre, sous la forme d’une fable, voir une vulgaire
farce. La famille Tuvache tient donc ce magasin d’une main de fer, sans compter la relève qui dès le plus jeune âge contribue à l’aide au magasin. Il y a le petit Alan, pressentit à une
succession prochaine, Vincent, un adolescent marginal et la délicieuse Maryline, dont on ne tarit pas d’éloge sur ses capacités d’empoisonneuse, et qui fait tourner le commerce avec sa
majestueuse plastique.
Néanmoins, seule ombre au tableau, la joie de vivre prend peu à peu le pas sous l’œil impuissant de Mr Tuvache, promit à une lourde dépression et une mort prochaine. Le petit Alan est tout
simplement joyeux, et donc en totale contradiction avec sa famille morbide, qui ne pense qu’à assouvir ses pulsions suicidaires. Le garçon gênant écoute de la musique enjouée, il reste positif
quant à l’avenir des clients qui franchissent le pas de la porte et il ne pense qu’à mettre un peu de bonne humeur dans cette boutique aux allures de morgue.
On retrouve un peu l’ambiance de la célèbre famille Adams mélangée à celle des Monthy Pithon. Après, on aime ou l’on n’aime pas ce cadre presque fantastique, d’une drôlerie exacerbante. Car
au-delà d’être risible, le récit est à mon sens tristement creux et sans grand fond. Non pas que l’on s’ennuie, car un message passe tout de même sur ce monde parallèle qui pourrait
déboucher un jour sur une possible réalité, mais la platitude des personnages et leur univers en fait plutôt un récit cordialement exagéré, voir trop burlesque pour être vraiment apprécié, et
donc sans réel intérêt si ce n'est qu'être divertissant.
Vous dites ?